Test écrit par Murazame
X-Japan -virtual shock 001- (les connaisseurs auront noté le jeu de mot), voilà qui serait une bien belle occasion de faire la présentation du plus grand groupe de rock que le Japon ait connu, et au passage vous parler un peu de mes goûts musicaux. Il n'en sera rien car, primo, il paraît que google est notre ami, et secundo, je m'interdis de discuter musique sur la toile pour diverses raisons. Cependant, afin d'éviter de passer pour un testeur paresseux, précisons juste que le groupe a été fondé au tout début des années 80 par Yoshiki (talentueux pianiste, fabuleux batteur et compositeur prodigieux; excusez du peu) et son ami Toshi (chant). rejoints ensuite par Pata (guitare), Heath (basse) en remplacement de Taiji, sans oublier le très populaire et charismatique Hide (paix à son âme). Tantôt metal, surtout à ses débuts (I'll kill you, Blue Blood), tantôt rock, X-Japan c'était aussi de la ballade voir même carrément du rock/metal symphonique à l'image du fameux chef-d'oeuvre qu'est Art of Life. Termes bien vulgaires pour tenter de définir ce qui l'est difficilement, j'en conviens. Quant à moi, ma grosse période X-Japan remonte à une dizaine d'années grâce à un pote qui me le faisait alors découvrir.
C'est à dire 3 petites années après le concert donné le 31 décembre 1994 au Tokyo Dome, date et lieu où se déroule l'action du jeu, si tant est qu'on puisse appeler ça un jeu. A l'entrée du bâtiment, alors qu'on n'a pas méme de ticket (je me demande ce qu'on fout la alors!?), ô joie! ô miracle! ô fabuleux destin! le rédacteur en chef d'un magazine se méprend sur vous, pensant que vous êtes le caméraman, il vous remet justement une caméra ainsi qu'un laisser-passer qui donne accès aux coulisses. Objectif: prendre des photos de ses idoles et enregistrer une vidéo.
Afin de remplir à bien la mission, ou réaliser son rêve, c'est selon, il va falloir se faufiler dans les couloirs, questionner le personnel pour obtenir les objets et les informations nécessaires à notre avancée, et éviter coûte que coûte de se faire expulser par le méchant gardien (il sont 3 mais seule la rencontre avec le Japonais est synonyme de game over).
C'est à dire 3 petites heures à peine de full motion video! Eh oui, un ambitieux projet nécessite beaucoup d'argent, surtout quand il s'agit de bénéficier et du temps et de la coopération d'un groupe de l'envergure de X-Japan. Pour tout vous dire, une fois l'emplacement connu de cet horrible agent, il suffit de faire ce que chaque membre du personnel vous demande pour en venir a bout, sans aucune difficulté autre que la barrière des langues.
Oui oui, au pluriel car la moitié du personnel est (tout du moins semble) américaine, ce qui donne parfois lieu à l'apparition de sous-titres en japonais.
OK! OK! Mais X-Japan!? Vais-je pouvoir les voir? leur parler?! les toucher!?
Holà! Accrochez-vous, fans hystériques, car oui, vous allez effectivement pouvoir pénétrer dans leur intimité, admirer au passage une guitare et jeter un oeil à leurs costumes scéniques! Mais détrompez-vous, car ils n'y seront point! Ils ont chacun préféré aller humer l'air du stade, avant que celui-ci ne s'enflamme dans la soirée. La scéance photo se déroulera donc en extérieur pour Toshi (qui nous fera même le signe de la paix avec la main), Heath et Pata.
"Euh... et qu'en est-il des deux autres?" me demandera le fan interloqué.
Eh bien, c'est là qu'on se rend compte, du moins je suppose, du niveau d'accessibilité de chacun. Les tarifs (ou l'orgueil? mais permettez-moi d'en douter) de Yoshiki devaient sûrement être très, trop élevés pour Sega, car vous ne l'apercevrez que lors des lives dissimulés dans le jeu. A contrario, et c'est là que les fans, même calmes et modérés dans mon genre, vont être aux anges, la rencontre de feu Hide, fidèle à sa réputation d'homme généreux, se fera... dans sa loge!
Apportez-lui la bonne bouteille, c'est à dire du saké (tout le monde a ses petites faiblesses hein), et il vous fera grâce de quelques mots. Si vous n'êtes pas insensibles, vous en ressortirez alors avec l'étrange impression d'avoir pu converser un court moment avec lui, ce qui est très touchant, ou effrayant pour d'autres, compte tenu de son statut de mort.
Après un tel choc émotionnel, difficile de ne pas être emballé... mais aussi grandement déçu par le faible nombre de titres écoutables.
C'est à dire 3 titres seulement! On a tout d'abord l'excellent Rusty Nail pour le clip vidéo que l'on montera soi-même et qui sera diffusé en fin de partie, l'occasion de juger de ses talents de réalisateur. Longing qu'une femme vous emmènera soudainement voir. Enfin, Tears en guise de générique de fin. Un menu quelque peu anorexique, moi qui eusse espéré pouvoir écouter Joker, Sadistic Desire ou le splendide Rose of pain (on peut rêver vu la longueur de ce dernier)! Tant pis, on peut toujours se rabattre sur leurs albums pour combler cettre frustration, mais je pense que Sega aurait pu faire un petit effort supplémentaire (autrement dit, débourser un peu plus) ne serait-ce que pour motiver le joueur à recommencer une partie, en proposant par exemple le choix de plusieurs titres pour la réalisation du clip. On déplorera à ce propos l'impossibilité de sauvegarder et de revisionner à tout moment celui-ci.
Plus un hommage au groupe X-Japan qu'un véritable jeu, force est d'admettre néanmoins qu'au milieu des innombrables merveilles telles que Radiant Silvergun ou Panzer Dragoon Saga, X-Japan apporte une touche "culte" supplémentaire à la Saturn, faisant tout naturellement de lui un indispensable.