Test écrit par Murazame
A une époque où la mode est
aux jeux ultra réalistes proposant un milliard de
possibilités, il est aisément compréhensible
que le beat'em all, genre ô pourtant combien
jouissif, soit tombé en désuétude.
Il faut dire que castagner des monstres ou de la racaille
tout au long d'un jeu peut paraître répétitif
et inintéressant, et a fortiori si c'est en
deux dimensions. Sans être aussi florissants que sur
la défunte Megadrive par exemple, on en trouve tout
de même un certain nombre sur la Saturn et, comble
de la félicité pour les aficionados du «
punch » et du kick », la plupart sont extrêmement
réussis. « Tenchi wo kurau II » est l'un
d'autre d'eux mais n'est pas exclusif
à la console de SEGA puisqu'on le retrouve
aussi sur sa rivale directe (dont j'ai peine à
me rappeler son nom, désolé...).
Mais laissez-moi d'abord vous faire un petit résumé
de l'histoire comme à mon habitude, car tout
comme Guardian Heroes ou Dungeons&Dragons, le background
du jeu, s'il n'est pas primordial (et pas vraiment
nécessaire dans ce style de jeu) a néanmoins
le mérite d'exister et surtout, le déroulement
du jeu est parsemé de courtes scènes de dialogues.
Sur le continent chinois, l'empire
des « kan », fondé par Ryûhô
il y a de cela 2200 ans, a connu une longue période
de 4 siècles sans problèmes ou conflits majeurs,
jusqu'au jour où le désordre fit son
apparition. Un dénommé Tôtaku, profitant
de la confusion, prit le pouvoir et accablait le peuple
d'une cruauté sans vergogne. C'est alors
que Ryûbi, descendant de la dynastie des « kan
» accompagné de Kan-û et Chôhi,
qui ont tous trois juré d'être «
frères à la vie à la mort » ainsi
que de Chô-un, Kôchû et Gien mirent fin
à l'ambition de l'infâme Tôtaku.
Mais 7 ans plus tard, c'est Sôsô Môtoku
qui prend la relève de la révolte. A vous
de le stopper.
Pour cela, vous avez le choix parmi les 5 combattants cités
précédemment. Chacun ont des techniques communes
et d'autres qui leur sont spécifiques. Kan-û,
avec ses petits airs de Jeffrey de Virtua Fighter et du
capitaine Hadok de Tintin&Milou (...) manie ce qui
ressemble à une grosse lance, Kôchû se
bat à mains nues et déteste quand on lui demande
s'il a des liens de parenté avec Hugo de «
Street Fighter III 3rd strike », Chô-un et Gien
portent une épée et le vieux mais encore vigoureux
Legolas (alias Kôchû) est un archer qui n'a
rien perdu de sa légendaire ( ?) habileté.
Ma préférence va au clone d'Hugo pour
ses prises en tout genre qui me rappelle ce bon vieux Max
de Bare Knuckle. Ceci dit, les autres ne sont pas en reste
et tous sont intéressants.
Comme tout bon beat them all vous allez donc avoir une myriade
d'ennemis à bastonner, ramasser diverses armes
: hache, pour les plus sanguinaires, qui fait gicler le
sang ; épée démesurée, massue
qui assomme l'adversaire quelques secondes...etc.
On a aussi les classiques items pour faire grimper le score
(parchemins, argent...), les items de régénération
de la jauge de vie et enfin, l'ultime « extra
» : pouvoir monter à cheval. Rien d'original
donc, car dans Golden Axe on montait déjà
sur des dragons, mais en tout cas super complet, d'autant
plus que la durée de vie est suffisamment longue
et le jeu d'une grande difficulté. Les crédits
sont limités au nombre de 9 et vous parviendrez non
sans mal au dernier boss, même à 2 joueurs.
Heureusement que la « jouabilité » est
parfaite, le plaisir qu'on en procure étant
proche des ténors du genre. Le graphisme est fin,
détaillé avec des décors et des sprites
variés. Difficile de lui trouver quelque défaut.
Pour ma part, j'estime qu'il n'a rien
à envier au grand Dungeons&Dragons : mieux encore,
contrairement à celui-ci on ne dénote (pratiquement)
aucun temps de chargement pour une réalisation presque
équivalente. Dernière chose : à la
manière d'un Street Fighter II, il y a 2 bonus
: un concours pour celui qui videra son assiette de cuisses
de poulet le premier et un autre ou il faut détruire
des statues en bois, tout ça en un temps limité.
A mon tour d'être original
: « Tenchi wo Kurau II » est un grand jeu. Parfaitement
jeunes gens ! Le plus impressionnant et objectivement le
meilleur restera sûrement Guardian Heroes, mais sur
le long terme, je retourne plus facilement sur « Tenchi
» que sur n'importe quel autre sur Saturn. Quoiqu'il
en soit, passer à côté d'un tel
jeu serait une grossière erreur. SEGA a toujours
été une généreuse terre d'accueil
d'un genre délaissé depuis l'avènement
de la 3D et là je prouve par la même occasion,
et avec talent, que « beat them all » peut aussi
rimer avec « poésie ». OK, je plaisante
mais pas concernant ce « pur jeu » (©djeun's.LTD
2000).