Test écrit par Murazame
Quand il est sorti fin 1997, Princess
Crown n'avait pas soulevé des vagues d'euphorie et fût par
conséquent vite oublié. C'était l'époque bénite où la grande
majorité des joueurs n'avaient d'yeux que pour la Playstation,
l'époque où la Saturn était déjà morte et à moitié enterrée
par les trois quarts de la presse spécialisée alors qu'elle
accueillait ses (les ?) meilleurs jeux et où de rares fans
(des gens bizarres) s'éclataient encore chez et uniquement
chez SEGA. C'est à Atlus que l'on doit cette petite merveille
d'action-rpg, et constitue un peu notre Valkyrie Profile
à nous, Saturniens.
Vous dirigez une très jeune princesse
du nom de Gladrielle, âgée de 13 ans seulement, qui décide
de s'échapper en catimini du château afin de découvrir et
d'essayer de comprendre le monde par elle-même, et devenir
ainsi une reine aussi bonne (les esprits tordus sont priés
de se taire) que sa défunte mère dont elle a hérité du trône,
bien qu'elle soit la plus jeune des 3 filles (elle a 2 sœurs
aînées). Sur son chemin, notre jeune héroïne va faire des
rencontres plus ou moins amicales, mais surtout elle va
être confrontée au Mal qui commence à sévir un peu partout
sur le continent, notamment la réapparition de Dragons dans
un village aux alentours.
Après lecture de ces deux paragraphes,
on pourrait penser avoir affaire à un énième action-rpg,
mais Princess Crown, c'est bien plus que ça. Tout d'abord,
si le jeu ne propose effectivement qu'un seul scénario assez
commun (comprendre un seul et même monde), il y a en fait
plusieurs histoires. Au début, vous n'avez qu'un bouquin,
celui de Gladrielle, et une fois terminé celui-ci, un autre
livre apparaît, celui d'Edward et ainsi de suite (je vous
laisse la surprise quant au nombre de bouquins). Vous allez
donc traverser le royaume de Valendia avec des personnages
différents dans leurs attitudes, leur manière de combattre
et quant à leur objectif. Tous ne sont pas aussi longs que
le scénario principal, comme celui de l'apprenti sorcière
Prosselpina ; qui doit récolter plusieurs ingrédients pour
une potion magique qui lui permettra de devenir adulte,
et se faire ainsi respecter (à commencer par Gladrielle
qu'elle ne porte pas vraiment dans son cœur) ; mais au total
une bonne cinquantaine d'heures de jeux sera nécessaire
pour tout voir. Cependant les véritables points fort du
jeu sont ailleurs.
Les combats d'abord. Ceux-ci apparaissent
aléatoirement lorsque vous vous baladez entre 2 villages
et se déroulent à la manière d'un bon jeu de baston : esquive
(semblable à celle qu'avait instaurée KOF 96 qui consiste
à passer derrière son adversaire ; même si dans Princess
Crown il est possible de reculer aussi), saut, garde, combos,
« finish » (comme Street Fighter Zero : avec explosion de
lumière !) et bien sûr l'inévitable magie présente sous
forme de pierres précieuses, sont au programme. On assiste
alors à des combats dynamiques, très jouissifs car ultra
jouables et un minimum techniques. Car il ne fait pas bon
de jouer les bourrins dans Princess Crown : une jauge de
couleur violette indique le niveau d'énergie du personnage,
et lorsqu'elle est vide vous êtes dans l'incapacité de bouger
un très court instant, le temps que votre perso récupère,
devenant ainsi vulnérable. On est loin des combats basiques
d'un Zelda, je ne vous le fais pas dire.
Autre idée lumineuse de ce merveilleux
jeu : les items qu'il est possible de cuisiner. A la fin
d'un combat, vous recevez un coffre plus ou moins rempli
de pièces d'or et d'objets en tout genre, parmi lesquels
on peut trouver des armes blanches (à lancer lors des combats),
des boucliers, des marmites (!), des poêles (!!) et différents
ingrédients qui vont laisser perplexes pas mal d'entre vous
(sauf les filles, cuisine oblige). En fait, si vous avez
un poisson par exemple, vous pourrez le faire griller à
la poêle à condition d'avoir le bon ingrédient pour. Hors
il y en a 2 sortes : un pour la marmite et un autre pour
la poêle, c'est pas plus compliqué que ça ! En général,
les mets cuisinés sont plus efficaces qu'un simple hamburger
tout fait, trouvé par terre près de la rivière (...) car rien
ne vaut la bonne cuisine maison, et en cela Princess Crown
peut se targuer d'être un soft éducatif.
Pour rester dans le domaine culinaire,
venons-en à (l'exquise) cerise sur le gâteau : la forme
! Bien manger permet de rester en forme, c'est prouvé. Et
là aussi Princess Crown donne l'exemple : graphismes savoureux,
sprites gargantuesques, « jouabilité » aux petits oignons,
musiques douces et bruitages fameux. Stop ! Je commence
à avoir faim !
Et honnêtement j'exagère à peine, même
si le jeu n'est pas exempt de petits défauts. Les décors
sont splendides mais manquent parfois un peu de variété
et de vie (exception faite des villages), et on aurait aimé
voir l'eau de la rivière onduler et scintiller par exemple
; ou encore apercevoir des oiseaux voler dans la forêt et
je ne sais quoi d'autre encore. Mais non, la seule véritable
faiblesse que j'ai noté à propos du titre d'Atlus c'est
sa relative répétitivité générale : les musiques sont excellentes,
bien dans le ton « Moyen Age » avec des mélodies entêtantes
mais fort peu nombreuses. Il en va de même pour l'action
mais rien ne vous oblige à finir le jeu d'une seule traite.
En clair, les gourmands, éternels insatisfaits s'en plaindront,
les autres, fins gourmets se régaleront. Scrounch !