Test écrit par Murazame
Depuis sa sortie sur Saturn, puis sur PS1,
Black Matrix est devenue une série puisqu'on trouve
également un épisode sur GBA ainsi que sur
PS2, sans parler de la superbe réédition sur
Dreamcast. Black Matrix est donc un tactical-rpg comme le
sont Shining Force ou bien Final Fantasy Tactics, la notoriété
en moins. Pourtant, il présente toutes les qualités
requises pour faire de lui un grand hit.
Après une guerre sainte qui aura duré
666 années, le dieu Méphistophélès
et les siens obtiennent victoire, donnant ainsi le pouvoir
aux êtres dotés d'ailes noires sur ceux
dotés d'ailes blanches, qui seront réduits
à l'esclavage. Aussi, ce qui était considéré
comme vertu autrefois se voit dorénavant condamner
et les notions telles que l'amour, la liberté
ou encore l'égalité des humains font
désormais partie des 7 péchés capitaux.
Vous incarnez Abel, un humain aux ailes blanches qui se
réveille d'un long coma et qui a perdu une
partie de sa mémoire. Votre «maîtresse»
(votre petite amie possédant des ailes blanches qui
vous a récupéré en fait) va prendre
soin de vous jusqu'à votre rétablissement,
avec l'intention de ne pas vous rappeler le fonctionnement
du monde afin que vous puissiez vivre votre amour librement.
Malheureusement pour vous, les autorités ne l'entendent
pas de cette oreille et vous voilà jeté en
prison, séparé de votre blasphématrice
de bien-aimée emmenée quant à elle
on ne sait où.
Au début du jeu, on vous demande de
sélectionner le niveau de difficulté (hard
ou normal) puis de choisir parmi 5 très jolies filles
(de quoi satisfaire les plus exigeants) et de lui donner
un nom si vous le voulez bien (possibilité de changer
celui du héros également). Avant que vous
ne soyez séparé de votre «compagne»,
les quelques jours que vous aurez passé paisiblement
ne sont pas si anodins que ça. En effet, selon vos
actions, vos aptitudes ne vont pas évoluer de la
même manière. Lire les bouquins rangés
dans la bibliothèque aura pour résultat d'augmenter
l'aptitude «intelligence» de votre perso
; faire le ménage augmentera celle de la «force»
...etc. Etant donné que le temps est limité,
à vous de faire le bon choix pour que le perso réponde
à vos critères.
Autrement, Black Matrix est fidèle au style: batailles
stratégiques entrecoupées de dialogues, coups
de théâtre, révélations, passages
à la ville du coin et nouveaux partenaires. Certains
d'entre eux sont d'ailleurs plutôt bien
cachés et, à moins d'avoir de la chance
ou le guide book, vous en manquerez sûrement quelques
uns. Alors, Black Matrix jeu rébarbatif ? Que non
! bien au contraire. Le jeu innove avec son système
de «blood points». Avant chaque bataille, vous
choisissez 10 persos maximum (quand vous en aurez réuni
plus de 10 évidemment) et distribuez ces fameux «blood
points» à ceux que vous voulez, sachant que
ceux-ci équivalent aux classiques MP. Quelle différence
me direz-vous ? Eh bien ces mêmes BP servent aussi
à transformer vos armes pour en faire de nouvelles
plus puissantes, et pour la plupart possédant des
coups spéciaux. Rapidement vous aurez suffisamment
de BP, mais trouver de nouvelles armes est une autre paire
de manche. Là encore, le guide book sera fort utile.
C'est après chaque combat et à chaque
ennemi achevé que vous récolterez des BP supplémentaires.
Deuxième originalité: la magie. Chaque élément
est plus ou moins puissant selon l'heure de la journée
(l'heure tourne vite lors des combats) alors vérifiez
bien l'«horloge» à droite de l'écran.
Bonne idée malheureusement pas très claire;
dommage.
A la fin d'une bataille, après avoir reçu
une notation, libre à vous de distribuer les points
d'XP aux survivants puis de répartir les points
d'aptitude comme bon vous semble. Plus que tout autre
jeu il sera donc indispensable de terminer chaque bataille
sans perdre un seul homme. Et sachant que le jeu comporte
10 chapitres et de nombreux combats difficiles (ouch, le
combat final !), ça reste passionnant et stratégique
du début à la fin, surtout en mode hard.
Pour finir en beauté ce test
n'oublions pas l'aspect technique du jeu. Optant
pour une vue isométrique (impossible de tourner la
caméra ni même de zoomer), les décors
de Black Matrix, gothiques à souhait, sont parfois
splendides (particulierement les intérieurs), parfois
un peu moins mais toujours réalisés avec soin.
Les sprites sont quant à eux bien dessinés
encore qu'ils ne soient pas spécialement fins, bénéficiant
en outre d'animations très, voir sûrement trop
discrètes. Les magies sont sobres, offrant tout de
même quelques fois un joli spectacle (notamment les
invocations). Mais le plus surprenant vient cependant des
musiques, alternant une espèce de "trip hop"
(qui fait plus office de musique de fond que de réelles
compositions) avec des mélodies plus douces, dans
un style plus classique comme on en trouve généralement
dans les rpgs. Rien d'inoubliable ni même rien qui
vous fera verser une larme, sauf que ces deux styles radicalement
opposés, et chose ô combien surprenante, collent
parfaitement au jeu, faisant de l'ambiance l'un
de ses gros points forts. Une ambiance sombre et calme,
presque reposante, aussi palpable que celle qu'on
a pu ressentir en jouant à un Tactics Ogre, par exemple.
Tout ceci est renforcée par le fait que le jeu se
déroule toujours de nuit. Et avec un scénario
bien amené, des persos charismatiques et pas mal
de références au satanisme (on aperçoit
des croix inversées dans une cinématique !)
je vois mal comment on peut passer à côté
d'un tel chef d'oeuvre. Bien sûr,
c'est une fois de plus en japonais mais si je vous
dis que dans la ville de la luxure il est possible d'aller
«visiter» une prostituée, j'achève
de vous convaincre, non ?