Test écrit par Murazame
A la manière d'un Sakura Taisen, ou encore Back Guiner pour les plus calés, Device Reign (DR) se veut être un mélange de jeu d'aventure à écrans fixes, genre ultra populaire (même maintenant) s'il en est au pays des combini, et de simulation-rpg pour les combats.
Un soft qui a su séduire nos amis frippons et qui, sans être à la pointe de l'originalité (dans le principe) ou de la technologie 32bit, propose pourtant un scénario au background très travaillé et un gameplay complexe que je vais tenter de vous présenter comme il faut et... comme je peux.
Kumono Tôya et Hiigari Seishirô sont deux lycéens qui passent leur temps à sécher les cours. Rien d'anormal jusque là, sauf que leur copine Kasumi, fille d'un savant d'origine allemande décédé dans d'obscures conditions, détient un pouvoir dont elle n'a pas conscience et qui va l'entraîner, elle et ses deux compères, dans une lutte surnaturelle contre une firme internationale appelée Dice. Mais quel genre de recherches (pour le compte de cette entreprise) faisait donc son défunt père ?
C'est justement ici que ça se complique pour le pauvre testeur que je suis, alors je vais faire concis hein...
Chaque objet et chaque être existent parce qu'ils se transmettent mutuellement leurs propres informations. Ainsi, et pour reprendre l'exemple cité dans le jeu, une table est concrètement une table parce qu'elle "fait prendre conscience" aux objets et êtres de son entourage que celle-ci est une table, en envoyant un "message" en continu.
Le père de Kasumi espérait pouvoir modifier le contenu des dites transmissions pour, n'en doutons pas, assurer la paix dans le monde tout ça tout ça.
Résultat ? Des semblants d'armes en nombre très limité pour le moment, les augment, portant des noms plus exotiques les uns que les autres (Sacred Death, Ten Commandments, Independence, Heaven's Key, etc.) et dans lesquels on peut insérer ce qui s'apparentent à des orbes : les opus. Ces derniers sont en fait la matérialisation des données contenues dans ces "messages" provenant de divers objets ou évènements. En d'autres termes, les recherches ont bel et bien abouti sans néanmoins avoir été, semble-t-il, totalement finalisées.
Afin de pouvoir se servir d'une telle arme, le futur propriétaire doit d'abord enregistrer ses propres informations. Une fois lié à celle-ci, il sera en mesure de créer à tout moment un espace coupé du monde réel ("espace SC" dans le jeu, pour : Schrödinger Catfield), dans lequel il aura ainsi accès à ses pouvoirs. C'est donc dans cet espace que s'effectueront les batailles contre les humanoïdes (ici Dissonants) lâchés dans la nature par la vile entreprise qui les fabrique puisque, mais vous vous en doutiez, nos deux Bioman vont chacun hériter d'un augment ; objet que possèdent également vos principaux alliés et pires ennemis (qui ne sont pas des humanoïdes quant à eux), cela va sans dire.
Tout individu, comme dirait la police, se trouvant à proximité et non possesseur d'arme, sera happé et plongé dans un état proche de la paralysie, incapable notamment de voir ce qui se passe alentours, un peu comme s'il avait gobé un bon paquet de champignons hallucinogènes. Sauf notre chère et tendre Kasumi, et c'est précisément pour cette raison qu'elle est la proie de Dice.
La base du scénario pourra sembler un peu saugrenue pour les moins avertis, mais sachez que ce charabia lorgne en fait du côté de Platon et sa théorie des idées, le tout rehaussé d'un soupçon de physique quantique (chef->Shrödinger Catfield). Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?
Et ce n'est pas fini ! Comme je le disais plus haut, le background est riche, pas loin d'être crédible. Je pense aux opus (210 au total !) et aux augment dont le passé (c'est à dire leurs informations) pour chacun est tiré de faits historiques réels du monde entier, mais légèrement détournés concernant les armes (pour les orbes, n'étant pas maso, je n'ai pas cherché à vérifier).
L'augment La Pucelle par exemple, tire sa source de la lance qui aurait soi-disant dû servir à l'exécution de Jeanne D'Arc. Mais sa lame se serait pliée en deux au moment de transpercer son corps, et c'est pourquoi elle fût finalement condamnée au bûcher. Tout le contraire de Gilles de Rais (le célèbre et sinistre violeur d'enfants du Moyen-Age, idole des Satanistes...), à qui la lance aurait fait subir d'infernales douleurs lors de sa mise à mort. La fiche de chaque opus est d'ailleurs consultable dans la section library.
Faisons l'impasse sur la phase aventure du jeu qui consiste simplement à se déplacer dans Tôkyô tout en papotant, et attaquons sans plus tarder le gros morceau que représente toute la partie simulation.
Il n'y a ni équipements ni item, avant d'aller au front il s'agira seulement de parer votre arme de quelques pierres précieuses. Celle-ci contient en effet en son centre un opus inamovible qui représente son core, autour duquel on peut lui en adjoindre 8 autres de taille, de forme mais surtout de couleur et de valeur différentes, formant ainsi un carré de 3 lignes de 3 opus.
Ce sont les 2 dernières caractéristiques qui auront une influence sur la nature des 6 kaleidphenom (les magies du jeu) à votre disposition, soit 1 par lignes horizontale et verticale, lesquelles représentent l'unique moyen d'attaquer. Libre à vous alors d'essayer toutes sortes de combinaisons possibles et mettre la main sur de nouvelles magies ou des versions supérieures, à la seule condition de ne pas aligner 2 couleurs dites contraires (jaune-> bleu ; rouge-> vert ; noir-> blanc) sans quoi la case correspondante restera vide (zyeutez les screenshots si ce n'est pas clair).
Aussi, là n'est pas la seule utilité de ces précieux ! Toujours dans l'écran de statut des personnages, on va s'en servir pour faire monter le level de nos bonshommes, via la fonction absort. L'occasion de se lancer des challenges un peu fou comme cet otaku qui a terminé le jeu, non sans mal, en laissant Tôya au level 1 :
http://homepage2.nifty.com/aoba-ran/yarikomi1.html
La petite touche "quête" (ne bégayez pas sur le dernier mot s'il vous plaît) tient au fait que certains opus (qui a dit les plus intéressants?) ne pourront être obtenus que sous certaines conditions : la plupart du temps soit en mettant à terre un boss avant que ce pétochard ne s'éclipse, soit en se rendant au bon endroit au moment opportun.
Quant aux batailles facultatives que l'on peut faire à volonté, je vous les conseille afin de vous ré-approvisionner en opus plus communs, à consommer pour faire grimper vos levels.
L'autre particularité affichée de Device Reign se trouve être ses batailles qui se déroulent en semi temps réel. Sans entrer dans les détails, précisons juste que chaque perso a une jauge de temps appelée BT (biding time) et ne peut agir que lorsqu'elle est à zéro. Evidemment, celle-ci va se vider plus ou moins rapidement selon le perso.
Par conséquent, si vous traînez pour sélectionner le perso en mesure de passer à l'action, vous risquez de vous faire devancer par un ennemi, chose qui arrive plus souvent qu'on ne pourrait l'imaginer, car lorsqu'une jauge est à zéro, on entend un tilt mais le curseur ne se met pas automatiquement sur le perso en question. Cela rajoute du piment aux batailles, et réclame une attention permanente que n'exigent pas les autres jeux du même genre, d'autant plus que la difficulté est bel et bien présente.
A votre disposition, on retiendra principalement 3 sortes de kaleidphenom (bien qu'en réalité il y en ait 6) : celle qui inflige des dégâts aux points de vitalité (CS), celle qui s'attaque aux CE (l'équivalent des MP) et enfin les autres qui influent sur l'état (pour revigorer un perso blessé ou diminuer les forces d'un ennemi...). Chacune de vos actions remplit variablement la BT mais seule l'invocation d'une kaleidphenom consomme la barre de CE qui, par contre, se régénère automatiquement.
Voilà résumé dans ses (très) grandes lignes le gameplay de Device Reign, mais si vous voulez des précisions et des informations par milliards sur tout ça, cliquez sur le lien ci-dessous pour un site ultra complet :
http://osaka.cool.ne.jp/hammerge/devicereign_main.htm
Car il y a encore beaucoup de choses à décrire à propos de celui-ci. Seulement, l'heure de vérité approchant, il est temps pour moi de vous avouer que je n'ai pas trop accroché au jeu, et ce malgré des innovations dans la partie simulation, sincèrement excellente.
Ce n'est pas tant sa complexité apparente (mais réellement pénible à transposer à l'écrit sans pondre 10 pages) qui m'a repoussé, puisque j'ai passé pas mal de temps dans les menus à tripatouiller mes augment, mais plutôt... tout le reste. Eh oui !
Non pas que le jeu déborde de défauts en tout genre, bien au contraire ! J'entends par "tout" tous les éléments essentiels à la personnalité d'un jeu. Pour commencer donc, le character design n'est absolument pas de mon goût, or n'étant déjà pas un féru de mangas à la base (hormis quelques rares séries comme le violent Berserk ou le dérangé Detroit Metal City), j'ai éprouvé un peu de mal avant de pouvoir entrer complètement dans le trip de ce scénario étrange. Ceci dit, après plusieurs heures passées en leur compagnie, j'ai fini malgré moi par m'y attacher un peu, et avoir envie de connaître le fin mot de l'histoire. Ma seconde critique va à l'encontre des doublages qui, sans être mal joués, loin s'en faut, ne m'ont pas paru très convaincants, les acteurs donnant l'impression de contenir leurs émotions, comme s'ils étaient tous timides derrière leur micro (lorsqu'un perso est en colère par exemple, le doubleur n'élève pas la voix). Se dégage alors du titre une froideur générale, un sentiment renforcé par la médiocrité des musiques que vous ne remarquerez peut-être même pas, tant elles sont anodines.
Ce sont là certes les seules défaillances que j'ai pu trouver concernant Device Reign, mais ellles lui portent bien plus préjudice selon moi que d'éventuels défauts techniques. Un jeu assez difficile d'accès donc, et qui m'aura valu bien de la peine pour rédiger un article convenable. Cependant, à ceux que les imperfections sus-citées ne posent pas de souci, et que le look des personnages plaît, Device Reign s'imposera sans doute comme un excellent titre proposant, je le répète, un background riche et un gameplay du tonnerre, on ne peut plus original.
Pour finir, voici les adresses de la page officielle, plutôt avare en descriptions, et d'un autre site sur Device Reign, toujours en japonais mais ça, ce n'est pas de ma faute :
http://www.mediaworks.co.jp/gamers_s/device/index2.html
http://tokyo.cool.ne.jp/ohashi_k/dr/drindex.html