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French Review

Sorvice Review for Sega Saturn

Test écrit par Murazame 


Au rang des illustres inconnus, malgré une quantité de jeux décente, on demande Altron. Une rapide investigation nous apprend que la société tient encore debout, même si les produits consoles listés sur sa home page (en cette année 2022) ne manquent de surprendre (le logo, lui en tout cas, ne trompe pas !) : des jeux à licences dysney ou nickelodeon sur gameboy advance et nintendo ds mais aucune trace d'un titre plus ancien...
Altron a pourtant bel et bien oeuvré aussi bien sur la console de sony que celle de SEGA, tantôt avec des jeux communs (Rox, Robot Pit,etc.), tantôt avec des jeux distribués à l'une ou à l'autre. Quoique présent depuis 1995, c'est d'ailleurs lorsque tout le monde quittait le navire Saturn qu'Altron revenait à la charge pour lui fournir ses exclusivités, parmi lesquelles on pourra retenir Sorvice.

Sorvice City

La vieille cité d'Oboro vit au rythme incessant de duels livrés dans une antique arène de combat, sous l'oeil très autoritaire, presque tyrannique même, d'une guilde toute puissante grâce à la masse d'argent qu'elle en retire. Les participants s'affrontent eux en usant des runes qui leur confèrent des pouvoirs magiques.
Voilà, le cadre, étroit, est fermement posé et ne bougera plus car Oboro n'est pas le point de départ d'une grande aventure mais, au contraire, le terminus pour Ryudo, le garçon dont on ne sait rien ou, au choix, Altina, la fille qui recherche son grand frère disparu. Aussitôt accueillis par un dénommé Huggy les bons tuyaux Rico-Rico qui se propose d'être leur manager, c'est dans l'enceinte de ce colisée que leur long vagabondage va enfin trouver une conclusion.
Mais remballons de suite nos grands mots et les belles phrases, l'histoire n'en vaut pas vraiment la peine. Bricolé avec 3 pauvres fonds d'écran et une poignée de protagonistes un peu ringards, le scénario importe peu et il est clair que le petit Altron avait surtout besoin d'un prétexte. En effet, à défaut d'avoir eu véritablement quelque chose à raconter (pour preuve, nos 2 héros sont accompagnés chacun d'un animal fantastique, Hayate pour Ryudo et Fubuki pour Altina, dont on cherche encore la raison d'être), ce dernier avait par contre du concept à nous vendre !

Un jeu de gladiateurs

Dernier moteur économique d'une ville fatiguée, le tournoi en question n'est pas un spectacle évènementiel mais un "sport busisness" avec leaderboard. Toutefois, la tenue des rencontres ne suit pas un planning précis, la seule date du calendrier à tenir étant celle fixée pour le prochain match que l'on aura réservé auprès de Rico-Rico, dans le bar qu'il squatte à temps plein. Le choix de l'adversaire est limité aux 5 concurrents classés au-dessus et bien qu'on ne concourt pas pour la gloire, l'objectif reste évidemment la première marche du podium, l'histoire ne se dévoilant qu'au fur et à mesure de notre remontée du fin fond du classement... à la 100-ème place !

Livrés dans un espace rectangulaire en 3D terriblement basique, en bleu ou en marron mais invariablement laid, les duels se déroulent selon un procédé assez curieux, pour ne pas dire étrange...
On peut bouger librement et culbuter son adversaire si ça nous chante, mais les dommages sont (de base en tout cas) insignifiants, en plus d'être partagés. Plutôt que de se bousculer, on va donc s'en remettre au pouvoir de ces fameuses runes, matérialisées en cartes. Réparties en 5 éléments naturels (eau, feu, or, terre et vent), il y a d'un côté les magies en tout genre, et de l'autre les créatures (magiciens, robots, dragons, etc.) qui, une fois invoquées, vont pourchasser l'adversaire pour tenter de le rosser avant de disparaître au bout d'une quinzaine de secondes.
Piochées par paquet de 5 au hasard du deck qui se doit d'en contenir au moins 20 (le maximum sera lui progressivement étendu), on peut jouer une ou plusieurs cartes dès lors qu'on a cumulé assez d'énergie, symbolisée par les 5 pastilles rouges juxtaposant les HP. Il en coûtera autant que le niveau de la carte (compris entre 1 et, insaisissable secret ou simple coquille ? 6 !), une jauge s'activant continuellement pour les recharger à condition de s'immobiliser.
Non seulement vraiment pas beau, c'est également d'autant plus horriblement vide qu'aucune indication ne vient habiller l'écran. Ainsi, il faut chaque fois consulter son jeu de cartes, en pressant A (ou C), pour être informé de son statut (HP, pastilles), et attendre que le CPU en fasse de même pour avoir un aperçu du sien. Hormis cette petite incommodité, cette phase laisse perplexe car on demeure bien dans le registre du jeu d'action mais où chaque coup porté se fait par le tirage d'une carte ; c'est à dire que si ce bouton A met certes le jeu en pause (le temps de choisir), on doit avant cela pointer vers son adversaire, et si possible à proximité pour diminuer ses chances d'esquiver le sort quand, bien sûr, celui-ci n'innonde pas tout l'écran. Lorsqu'on ne se regarde pas en chiens de faïence, le temps de faire le plein de pastilles, on joue donc au jeu du chat et de la souris, alternant le rôle qui du félin qui du rongeur.

À la croisée des genres, une fille et un garçon...

Si les duels procurent quelques moments de tension, notamment parce que la vitesse de la jauge est constante et identique pour tout le monde quelque soit le level atteint, le perso un peu mou (le CPU lui, par contre, courre 2 fois plus vite) ainsi que la pauvreté graphique et sonore (les bruitages sont pratiquement inaudibles) leur ôtent tout semblant d'intensité. Et ce n'est pas beaucoup mieux sur le fond, où la dimension tactique est souvent ruinée par l'absence d'un marqueur visuel (signe, halo lumineux ou n'importe quoi d'autre) qui aurait pu rendre lisible la condition physique de chacun suite à l'application d'une magie altérative (poison, paralysie, etc.) ou défensive. Ayant l'image mais privé du texte qui décrit leur effet, il faudra par ailleurs bien connaître les runes de son deck pour ne pas agir au petit bonheur la chance.
Récompensée par un lot de runes, une somme d'argent (GEN) et une poignée d'XP, c'est la seule étape obligée du jeu qui, fort heureusement, ne se limite pas à ce bête enchaînement de combats en 1 contre 1...

Vendu comme un a-rpg, Sorvice pourrait en fait presque être rangé dans le sous-genre dit du dungeon crawler car on passera le plus clair de son temps à ramper dans les couloirs d'un donjon. Situé aux abords de la ville et profond d'une centaine d'étages générés procéduralement (méthode qui, sans doute, explique la 3D minimaliste purement fonctionnelle), il n'y a pas de but autre que descendre y glaner de l'expérience et en ressortir vivant, les poches remplies de butin : pas de boss ni puzzle, des monstres en petit nombre mais teigneux et que les collisions imprécises rendent parfois dangereux (on peut sinon tenter de les capturer au moyen d'un item pour en obtenir les runes analogues), quelques dalles piégées ici ou là ainsi qu'un ascenseur desservant uniquement les paliers qui assurent la transition entre 2 changements d'ambiance de couleurs (tous les 16 étages environ), ou pour remonter au premier.

Sors vite d'ici !

En termes de gameplay, c'est dans la continuité du duel (pastilles, jauge, runes), sauf que l'on est cette fois muni de la panoplie classique de tout bon guerrier : une arme, une cuirasse et un anneau conférant divers bonus. Ici, courrir (bouton B) stoppe la régénération automatique (plus rapide à l'arrêt qu'en marchant) des MP et des HP, la caméra peut pivoter sur 360° (gachettes L&R), sa rune favorite être associée à un raccourci (Z) et l'on dispose même d'une mini map de l'étage en cours (X). Là encore pas de quoi s'ébaudir du feeling épée en main, inexistant, mais c'est tout à fait jouable et les informations utiles sont épinglées aux 4 coins de l'écran.
L'angle de vue classique du a-rpg, l'aspect rudimentaire des labyrinthes, même dans les dernières strates de l'édifice juste un peu plus grandes, ainsi que les monstres ressemblant à des jouets ; tout concourre à affubler Sorvice d'un air gentillet. Toutefois le joueur devra garder en tête qu'une mort entraîne la perte de moitié de son pécule, et surtout la totalité aussi bien des items (excepté le set alors équipé) que des runes embarqués avec lui !

Entre le colisée et le donjon, la chambre miteuse aimablement prêtée par la gentille Lucia, vendeuse de consommables et de quelques légères pièces d'armurerie, sera l'endroit où gérer son inventaire et sauvegarder sa partie (raccourci pratique, ommis par la notice du jeu : appuyez sur R pour avancer d'une journée sans avoir à passer par l'icône). L'achalandage de sa boutique étant néanmoins à l'image de notre piaule, on engloutira davantage nos deniers dans l'atelier d'alchimie tenu par une petite vieille, Obaba, afin d'obtenir de nouvelles runes en en fusionnant d'autres.
Il y a de quoi s'occuper entre 2 matchs donc, même si l'impossibilité de constituer son deck directement à partir du catalogue, là où l'on a l'illustration et le descriptif de chaque rune, démotivera ceux qui n'ont pas l'âme d'un collectionneur endurci. Certes moins beaux et détaillés que ceux de Culdcept par exemple, leurs dessins restent assez sympas pour donner envie de compléter l'album, mais avec un total avoisinant les 900 (!), Sorvice exigera du joueur un effort de mémorisation et un investissement en temps surpassant peut-être un peu trop le plaisir général procuré en échange.
Enfin, si vous n'avez pas la chance de connaître la perle rare (un copain ou une petite amie avec une save du jeu !) afin de goûter aux joies du versus mode, vous pourrez toujours vous lancer dans le new game + en conservant vos acquis (level et runes) sans pouvoir toutefois les transposer au second personnage.


Que pouvait-on bien attendre d'un studio auquel personne n'avait prêté la moindre attention, sur une Saturn en fin de vie ?
Altron, lui-même visiblement pas sûr de la réponse, a sorti son joker : un jeu de cartes servant de base commune à 2 phases distinctes, l'une sous la forme d'une compétition, l'autre dans le style d'un "dungeon crawler light" (dite "quest mode"), le tout empaqueté avec quelques lignes d'un scénario négligeable. Complètement dispensable dans les sous-sols du donjon où l'épée sera toujours bien plus efficace, c'est en duel que l'usage des cartes devient non pas un raté du jeu, mais plutôt une idée incongrue dans la mesure où l'action est en mouvement.
Ni précis ni particulièrement profond, c'est donc avant tout la quantité de runes (une assez belle variété d'armes aussi) qui lui assure un intérêt de jeu certain mais, voilé par une esthétique bien trop sommaire et hasardeuse, il aura par contre toutes les peines du monde à se rendre attachant.


ALMOST GOOD : 6/10 -> (63%)


TECHNICAL :
Satakore Review Rating - 5 / 10
GAMEPLAY :
Satakore Review Rating - 6 / 10
GRAPHICS :
Satakore Review Rating - 4 / 10
SOUND :
Satakore Review Rating - 5 / 10
STORY :
Satakore Review Rating - 3 / 10

 





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